Se reposer

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Il y a toujours quelque chose à faire. Si l'on attend de ne plus rien avoir à faire pour se reposer, on ne se repose jamais. Si l'on attend de tomber malade, de faire un malaise ou d'avoir un accident pour se reposer, c'est un peu tard.

Se reposer fait en réalité partie des choses à faire. Il faudrait y mettre le même sérieux, le même enthousiasme, la même passion que pour tout le reste. Il faut travailler, il faut manger, il faut tenir sa maison propre, il faut faire du sport, oui, mais il faut tout autant se reposer.

Je ne parle même pas du sommeil, nécessaire aussi, parfois difficile à trouver. Se reposer, ça peut ne durer que trois minutes. Se reposer, c'est relâcher la pression, s'abriter dans sa bulle, écouter au-dedans de soi, respirer, simplement. C'est suivre le vol d'un oiseau, regarder une fleur sans penser à rien d'autre, allumer une bougie, fermer les yeux sous la douche ou écouter une chanson - pas juste l'entendre.

Se reposer, c'est cesser de s'agiter dans tous les sens, laisser retomber doucement, comme la neige descend du ciel, toutes nos pensées, nos tracas, nos soucis. Les regarder passer, s'entasser et se rendre compte qu'on s'en sort parfois mieux comme ça, en arrêtant ses efforts plutôt que d'en redoubler.

Arriver à placer dans sa vie de plus en plus de ces micro-moments à ne rien faire, mais à tout être, voilà un magnifique cadeau à se faire. C'est ce que je découvre, entre autres choses, en participant à un cycle de découverte de la pleine conscience organisé à Saint-Luc...

Pour être honnête, ça n'a rien de facile. Ce n'est pas du tout ce que j'ai appris à faire. Je me sens tel le saumon remontant le courant pour retrouver le lieu de sa naissance. Je me suis laissé farcir le crâne de tant de choses, comme tout le monde. Je suis persuadée, au fond de moi, de "ne pas avoir le temps".

Et pourtant, si.

J'apprends tout doucement, je me déconditionne, j'observe, j'écoute, et je recommence patiemment. J'ai l'impression d'essayer d'attraper quelque chose d'insaisissable. Pourtant, c'est la réalité la plus tangible, la plus simple, la plus première, la plus vraie : je suis là.

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