Cartes postales de mes petites vacances imposées sous le Tropique du Cancer... où je me fais préparer des cocktails colorés qui, paraît-il, vont déménager ! Et où j'apprends à profiter de la Vie !
Vacances...
Aujourd’hui il fait plus nuageux, c’est vrai, et je suis un peu malade...
Mais quand même, on n’est pas bien au bord du lac ?
Copyright Photo : Web Donut Ce matin, j'ai été réveillée par un oiseau furieux qui faisait un boucan de dingue - plus vraisemblablement, sous nos latitudes, était-ce une simple corneille. Si bien que j'ai décidé de me lever plus tôt - j'avais envie de manger, aussi, qui l'eut cru ? Evidemment, une fois que j'ai été bien réveillée, l'oiseau s'est tu. Hier je n'ai senti aucun des effets de la chimio, je me suis même demandé si on ne m'avait pas refilé un placebo dans le cadre d'une étude secrète... Mais cette nuit, vers minuit, c'est comme si quelqu'un était entré dans ma chambre avec une énorme massue et m'avait assommée. Ce matin, ça va de nouveau mieux... A part mes cheveux, qui se détachent par dizaines... Comme j'en ai beaucoup, à la base, il m'en reste bien assez sur le crâne pour faire illusion. Mais j'en sème partout et j'ai mal aux racines, ce qui indique qu'ils vont continuer à tomber. Et je l...
Copyright Photo : Hans Linde Hier, je suis allée à la séance de fitness. Nous n'étions que 4 courageuses. Normalement, je suis inscrite à la séance du vendredi, mais parfois cela m'arrange mieux d'aller le lundi - et bien souvent je n'ai été à aucune des deux, parce que j'étais à la mer, ou trop en compote suite à la chimio. Mais si vous avez tout suivi - et je sais que vous êtes nombreux à le faire, ce qui me réchauffe le coeur, vraiment ! - pour l'instant je me sens en meilleure forme, alors je n'avais pas d'excuse pour ne pas y aller... Et je ne regrette pas de l'avoir fait, même si aujourd'hui je le sens dans les muscles ! Dans le vestiaire, alors que nous nous rhabillons, je commence à échanger quelques mots avec une des autres dames. Je connais déjà bien Dominique et Joëlle, mais Chantal, c'est la première fois que je la rencontre. On se raconte notre parcours, on parle de nos métiers, on enchaîne sur notre façon de vivre, nos ...
Copyright Photo : rottonara Ces derniers temps, lorsque mes amis se confient à moi, il y a souvent un moment où ils s'interrompent pour s'excuser de me raconter ainsi leurs tracas ou leur profond mal-être. "Evidemment, ce n'est rien à côté de ce que tu vis, toi tu as eu un cancer..." sous-entend quelque chose comme : "j'ai honte de te parler de mes problèmes alors que tu en as un que j'estime bien plus important". Pour l'amour du ciel, cessons de hiérarchiser, comparer, juger... Ce qui est important pour vous est important pour vous, point. Et très honnêtement... ce voyage sous le Tropique du Cancer n'est pas la pire chose que j'ai connue dans ma vie. Mes difficultés pour m'intégrer à l'école, quand j'étais adolescente, la douleur que j'ai ressentie quand mon premier petit-ami m'a trompée, voilà des choses dont j'ai souffert bien davantage, en réalité. Ça vous étonne ? Quand j'ai appris que j'a...
Copyright Photo : Analogicus Le journal En Marche (mes chers collègues !) rend hommage aux infirmières dans sa dernière édition , et plus particulièrement en interviewant une jeune femme fantastique que certains d'entre vous doivent connaître : Isabelle Derenne (la fille de Jacques et Elisabeth). Je la connais depuis son adolescence et cette fille a toujours fait mon admiration : super ouverte, sensible aux injustices, pleine d'énergie et de personnalité... Je vous invite à lire cet article, vraiment ! Isabelle (tiens, c'est le prénom de l'infirmière qui s'est occupée de ma première chimio aussi !) a donné la parole à celles et ceux qui pratiquent ce métier indispensable, qui n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur... Lors de mon opération, lors de mes chimio, et aussi à domicile pour des piqûres ou des pansements, les infirmières m'accompagnent depuis quelques semaines et je ne peux qu'éprouver de la gratitude pour ce qu'elles font !
Copyright Photo : Free-Photos J'écris moins souvent en ce moment, et ce n'est pas faute de sujets qui m'inspirent... Ce n'est pas non plus que j'aille moins bien et ne sois pas suffisamment en forme... Simplement, ces derniers jours, je suis devenue comme le lapin blanc : je cours partout, les yeux rivés à ma montre. Tant et si bien que je me dis qu'on peut risquer le fameux "burn-out" dans tous les domaines : non seulement professionnel ou parental, mais aussi... quand on est en traitement suite à un cancer. J'ai passé plusieurs heures à Saint-Luc ces trois derniers jours, parfois simplement assise dans une salle d'attente, parfois passant d'un couloir/étage à un autre, du vestiaire de sport aux bureaux de l'Espace Bien-être, du Centre de Traitement Ambulatoire à la consultation de radiothérapie... Rentrée chez moi, il y a les courses, le ménage, le courrier, les repas, les soins. Dehors, il y a les gens qu'on rencontre ...
Copyright Photo : Pexels Cela fait quelques jours que je n'ai rien posté mais je vous avoue que mes journées sont courtes... car mes nuits sont longues. Je passe onze ou douze heures dans mon lit, et quand j'en sors, je suis toujours fatiguée. J'ai mal un peu partout (les jambes, le dos, les épaules...), mes muscles tirent... Bref, je ne peux pas encore dire que la chimio soit un lointain souvenir. Ses effets se font toujours sentir, exactement comme si j'avais encore pris un cocktail la semaine passée, alors que ce n'est pas le cas (Première semaine sans ! Bienvenue aux AA). Même pas un long drink ... mais la cuite est longue, elle ! Il y a tout de même des changements notables dans ma vie, en dépit de cet état physique assez stationnaire... Retrouvailles savonneuses avec ma douche, mélodieuses avec ma guitare - bon, impossible de jouer sans médiator pour un petit temps, et donc les arpèges restent hors de ma portée pour l'instant, mais c'est super...
Copyright Photo : David Mark Je peux normalement me dire que c'est la dernière fois que j'ai à supporter ce que je traverse ces jours-ci... Des effets qui étaient devenus une petite routine, qui étaient plus ou moins attendus, que j'avais parfois déjà oubliés, entre deux cures... La première nuit après la dernière chimio, excitée comme une puce par la dexaméthasone, je n'ai pas trouvé le sommeil avant quatre ou cinq heures du matin. Heureusement, je peux rester au lit jusqu'à dix heures, ça ne dérange personne. J'étais néanmoins debout un peu plus tôt que ça, parce que décidément, complètement dopée. Mais c'était la dernière fois. Cette nuit en revanche, le médicament ayant cessé son effet énergisant, la fatigue m'a rattrapée et j'ai dormi comme une souche jusqu'à passé dix heures. Néanmoins, c'est la nuit où je me réveille à plusieurs reprises, trempée de sueur, obligée de m'éponger avec un essuie de bain... Dernière fois aussi....
Copyright Photo : Ri Butov Plus de pétrole, plus de pipeline... Plus de taxol, plus de PICC-line... Car oui, ça y est, depuis ce midi, je n'ai plus qu'un minuscule trou dans le bras - protégé par une compresse que je peux enlever ce soir. À moi les douches tranquilles, les câlins sans dommages collatéraux... Je ne réalise pas encore complètement que c'est fini, d'autant plus que je suis vannée. Cette nuit, j'ai dormi des heures et des heures, j'ai fait plein de rêves... et aujourd'hui je suis toujours aussi crevée qu'hier. Donc je ne fais pas encore vraiment la fête, je suis contente d'être arrivée au bout de tout ça mais pas encore très en forme. Au contraire même, car pour mon corps, il va falloir maintenant se remettre de quatre mois et demi de travail intensif - et il vient juste de se reprendre une dernière dose de gin toxic. Depuis tout ce temps, et maintenant plus que jamais, j'essaie d'apporter à mes cellules tout ce don...
Copyright Photo : Free-Photos Il y a toujours quelque chose à faire. Si l'on attend de ne plus rien avoir à faire pour se reposer, on ne se repose jamais. Si l'on attend de tomber malade, de faire un malaise ou d'avoir un accident pour se reposer, c'est un peu tard. Se reposer fait en réalité partie des choses à faire. Il faudrait y mettre le même sérieux, le même enthousiasme, la même passion que pour tout le reste. Il faut travailler, il faut manger, il faut tenir sa maison propre, il faut faire du sport, oui, mais il faut tout autant se reposer. Je ne parle même pas du sommeil, nécessaire aussi, parfois difficile à trouver. Se reposer, ça peut ne durer que trois minutes. Se reposer, c'est relâcher la pression, s'abriter dans sa bulle, écouter au-dedans de soi, respirer, simplement. C'est suivre le vol d'un oiseau, regarder une fleur sans penser à rien d'autre, allumer une bougie, fermer les yeux sous la douche ou écouter une chanson -...
Copyright Photo : Andrea Bohl Ça y est, j'ai passé le cap de la moitié ! Plus que 13 séances sur 28. Ce matin, j'ai donc entamé "la descente", si on voit ça comme une montagne à franchir. Durant cette semaine, j'ai eu droit à une véritable résurgence des effets secondaires de la chimiothérapie : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, suées nocturnes, mal de tête, eczéma... Depuis hier, ça se dissipe doucement... Dois-je m'attendre à ce que ça revienne comme ça, par épisodes, durant encore un certain temps ? J'espère que non, j'espère pouvoir assez vite reprendre une vie normale, travailler, écrire, entreprendre l'un ou l'autre projet. J'ai cru, au début, que c'était lié à la radiothérapie, mais j'ai eu l'occasion d'en parler avec le radiothérapeute et avec les technologues (c'est-à-dire les personnes qui règlent la machine), j'ai aussi pu comparer mon expérience avec celle de "cansoeurs" qu...
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