Les amis

Copyright Photo : Edmondlafoto

Et voilà, ce matin dès avant 9h, j'étais déjà au bar de la plage à me faire servir, comme une princesse caribéenne ! (Tous les chemins mènent au rhum...). Vu la météo, je n'ai pas mis mon bikini mais je me suis parée de mes plus belles couleurs : du vert et du... rose !

Mais ce billet n'a pas pour but de parler de parures colorées... Je l'illustre avec des perroquets car ces animaux parlent - ou font bien semblant, en tout cas ! Et parce qu'une conversation, hier, m'a inspiré cette réflexion...

Hier dans le vestiaire des dames, donc, nous bavardions - ah, les femmes ! - et l'une d'entre nous nous a confié avoir perdu presque tous ses amis, à la suite d'un cancer qui récidive pour la troisième fois...

J'étais étonnée parce que pour ma part, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu des amis... Au contraire ! La maladie m'a apporté de belles rencontres... Elle m'a appris à mettre un peu ma pudeur de côté, à oser pleurer devant certains, à partager plus profondément avec d'autres...

Oui, bien évidemment, j'ai constaté que certains ne savent pas très bien comment réagir, sont fort affectés par ce qui m'arrive, et c'est bien naturel. Chacun est différent et l'on a raison de se protéger si la maladie renvoie à des émotions pénibles. Beaucoup aussi se sentent impuissants ou démunis.

En en discutant entre (ex-)malades hier, nous en avons conclu que le plus important, c'est de communiquer. C'est à nous de dire ce dont nous avons besoin : repos, distraction, aide dans le ménage, écoute, silence, présence. Et d'oser le demander !

Pour ma part, j'ai longtemps tardé à parler de ce que je vivais, je voulais avant tout que la vie continue comme avant et que personne ne se fasse de souci pour moi, et ça m'a bien réussi. Par la suite, j'ai dû changer mon fusil d'épaule, car le traitement devenait plus lourd, je devais m'arrêter de travailler... Et là, les petits mots, les attentions, les compliments sont maintenant ce qui m'aide le plus.

Ainsi que ce blog... Il me permet de m'exprimer, de répondre à certaines questions non formulées, de donner une idée assez précise de mon quotidien et de l'état de mon moral. Et aussi de faire de cette épreuve une belle expérience sur le plan humain, qui me rapproche de certaines personnes.

Peut-être, disait cette dame qui se sentait délaissée, n'avait-elle pas au départ de vrais bons amis... On ne le saura jamais, mais si c'est ça, alors moi j'ai de super bons amis (et voisins, et collègues, etc...) !

Avec l'amoureux aussi, parler aide. On a choisi de se séparer (pour des raisons qui sont les nôtres), mais on continue à échanger, à se confier, à s'expliquer, avec respect, humour et complicité. Il ne m'a pas lâchée et l'amitié entre nous continue à nous grandir.

Je pense aussi à des personnes qui m'ont dit, en toute franchise, à l'annonce de ma maladie, qu'elles n'aimaient pas parler du cancer mais qu'elles restaient présentes pour moi, ou qu'elles n'étaient pas douées pour écrire mais pensaient fort à moi, ou ce genre de chose. Cela évite les malentendus ! Et je peux tout à fait l'entendre, évidemment.

Si ça n'avait pas été moi que le crabe avait mordue, si ça avait été une collègue, une amie, une voisine... Comment aurais-je réagi ? Avant que ça ne m'arrive à moi, je ne sais vraiment pas... J'aurais sans doute été bien démunie et maladroite ! Je me sens un peu plus à l'aise maintenant que je suis passée de l'autre côté du miroir, mais malgré tout... Ce n'est pas toujours facile.

J'envoie de grosses bises affectueuses à Brigitte, à Anne-Marie, à Carine, à Maïa, à Estelle, à celles qui peut-être n'ont rien dit, mais sont aussi touchées, de près ou de loin, gravement ou moins, et qui se reconnaîtront. Et puis un chaleureux clin d'oeil aux "anciennes" : Martine, Annick et bien d'autres, vos mamans, tantes, collègues, filleules et amies qui ont terrassé la bestiole et dont vous m'avez parlé !

Parlez (ou écrivez), ça soulage et ça permet de mettre à l'aise, de se comprendre et d'obtenir ce dont on a besoin, peu importe ce que c'est ! Faites-vous ce cadeau et entretenez les belles amitiés...

NB : Ceci est mon cinquantième article ! Ça se fête ! C'est ma tournée, buvez à ma santé votre breuvage préféré... Deux mois que j'ai dû quitter mes collègues, huit ans tout pile que mon coeur s'est brisé (mais tout se répare...) et premier jour de la cure de Taxol... Sûrement, la Vierge est avec moi en ce 15 août... Pour ceux qui connaissent un certain Juan Esperanza Mercedes de Santa Marìa de Los Siete Dolores, ça vous évoquera quelque chose !

Commentaires

  1. Merci pour ton beau partage de ce jour ! Je lis tes messages chaque fois que tu en mets. Juan Esperanza Mercedes de Santa Marìa de Los Siete Dolores, je le connais bien pour avoir lu le bouquin. Moi aussi, quand j'étais à St-Luc pour ma fracture comminutive du pilon tibial en 2008, j'ai rencontré des personnes formidables, j'en ai déjà parlé. C'est vrai que j'ai eu de la chance de tomber dans l'unité neurologie au lieu d'ortopédie par manque de place dans cette dernière.Grâce à cela j'ai pu beaucoup parler avec le personnel qui était tout content de pouvoir parler avec quelqu'un qui n('avait pas eu d'AVC. En tout cas, on pense à toi. Ce soir je boirai une bonne bière à ta santé ! Remets-toi vite !

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