C'est magique !
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| Copyright Photo : Mabel Amber |
Hier, en sortant de ma cure de chimio (la septième sur douze), j'étais pâle, essoufflée et fatiguée. Ma mère, qui m'accompagnait, m'a fait asseoir sur un banc au milieu des quelques 300 mètres qui nous séparaient de la voiture. On restera assises le temps qu'il faut, qu'elle me dit. Je lui ai demandé pour combien de jours elle avait des provisions...
Mais aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Ça va toujours mieux le vendredi. Il y a un secret à ça, que je m'en vais vous révéler. Comme je suis en chimiothérapie, j'ai le droit d'être dopée (un peu), contrairement aux taureaux, aux chevaux et aux coureurs cyclistes.
Avant le Gin Toxic, je reçois une perfusion de dexaméthasone - j'ai hésité à vous mettre ce lien, ça fait quand même un peu peur. J'en recevais aussi avant la vodka-grenadine (première phase de ma chimio) ; à ce moment-là, c'était surtout pour me protéger des nausées et des vomissements (que je n'ai jamais connus d'ailleurs). À présent, c'est plutôt pour éviter les effets allergisants du Taxol.
Et puis, la dexaméthasone a aussi un effet immunosuppresseur, ce qui prépare le terrain pour mon traitement, si j'ai bien compris. Je ne suis pas pharmacienne, j'ai juste posé quelques questions à l'infirmière, hier, et retenu ce que je pouvais. Si quelqu'un a des compétences en la matière et constate une erreur, qu'il me corrige !
Ce produit a des effets semblables au Medrol, que je devais prendre pendant 3 jours juste après les vodkas-grenadines, mais dont je suis dispensée à présent avec le gin. Je n'ai plus que cette petite (?) dose en intraveineuse avant le traitement proprement dit. Et alors, ça fait quoi comme effet ?
Quelque chose comme un Coca-Red Bull, je crois. Je ne sais pas, car ce sont deux boissons que personnellement je boycotte, mais enfin on va dire que c'est... stimulant. Mon coeur bondit comme un kangourou. Je fourmille d'envies, d'idées, je me sens en forme. À défaut de me donner des aiiiiiiiles, ça me donne du zèle.
Le vendredi donc, je suis prête pour les courses, le rangement, le sport, le blog, les grands projets, l'insomnie, la totale. Avec le Medrol, c'était pire : palpitations, émotions décuplées - une petite déception, et c'était la grosse déprime, une légère inquiétude et j'angoissais complètement, mais aussi, un brin d'enthousiasme pouvait se muer en solide euphorie. À ce stade-ci, c'est un peu plus gérable.
Comme il s'agit de corticoïdes, ça soigne aussi très bien mon eczéma... mais toujours momentanément. Une fois que l'effet s'estompe, les plaques rouges réapparaissent, souvent en ayant changé de place. Et puis, ça me fait des joues de hamster, on dirait que je me suis fait faire des injections de Botox par un chirurgien esthétique aveugle... Mais là encore, c'est passager. Tout comme le teint carotte que j'attrape aussi dans les jours qui suivent ma cure.
N'empêche, il faut bien avouer que ce n'est pas gai, il y a des jours où je me sens amochée et où il me semble qu'il ne me reste que mon sourire pour un peu rattraper tout ça. Mais j'ai réalisé une chose, ce matin (dans ma transe insomniaque) : mon dernier gin est prévu pour le 31 octobre...
Alors oui, au début de mon traitement, sans mes cheveux, je pouvais encore me dire : allons bon, Natalie Portman, la tête rasée après V for Vendetta, elle était quand même super jolie, non ? Aujourd'hui, quand je me regarde dans mon miroir, je pense plutôt à Ralph Fiennes quand il a incarné Lord Voldemort dans la saga des Harry Potter... (je n'ai quasi plus du cils, et les sourcils très clairsemés, la peau desséchée).
Mais ça va le faire ! Parfaitement ! Cette année, pas besoin de déguisement ou de maquillage pour Halloween ! D'ici le 31 octobre, objectif Tête de citrouille (bien éclairée de l'intérieur, par une bonne dose de joie, de courage et de confiance), et puis après, alors là, je vais redevenir belle comme un carrosse, 'z allez voir ça !
Sans blague, je suis tellement habituée aujourd'hui à voir ma "tête de chimio" (comme dirait Suzan), deux fois par jour dans la salle de bains, que lorsque je regarde des portraits de moi datant d'il y a quelques mois ou plus, je ne m'y reconnais plus. C'est qui, cette jolie brunette ? J'étais vraiment comme ça ? Waouw, la vache ! Euh, la biche ! Bref. Restons modeste, mais je vous avoue que ça me rassure et me motive quand, ces jours-ci, je désespère un peu face à mon miroir.
Sur ce, je m'en vais sautiller gaiement dans mon appartement, profiter du soleil, faire du sport avec Maëlle cet après-midi, et plein d'autres bonnes choses...
Bon week-end à vous tous qui me lisez, fidèlement ou plus sporadiquement !

Courage ! Viens chanter à la chorale! Ça va te faire du bien !
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