Hasard... ou pas
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| Copyright Photo : ROverhate |
Le jour où j'ai appris que j'allais devoir passer par la chimiothérapie, il y avait une autre jeune femme dans la salle d'attente, que je ne connaissais pas alors. Je n'imaginais pas que j'allais la recroiser plus tard, et d'une façon inattendue. Elle s'appelle Suzan.
Ce fameux jour (le 29 mai), j'ai d'abord vu la gynécologue qui m'avait opérée, Martine Berlière - une femme formidable qui mériterait elle aussi un article sur ce blog ! Promis, je vais le faire !
Elle m'a d'abord annoncé la bonne nouvelle : l'opération était réussie, la tumeur avait bien diminué suite à l'hormonothérapie débutée en janvier, et elle avait pu être entièrement enlevée, avec des marges de sécurité.
Mais il y avait aussi une moins bonne nouvelle. Après discussion collégiale, l'équipe médicale m'encourageait à faire quand même une chimiothérapie, vu que j'avais dû faire face à un cancer assez agressif et que j'avais seulement 34 ans (pour deux semaines encore).
Martine Berlière m'a dit avec douceur que j'allais voir l'oncologue juste après, que je pourrais lui poser toutes mes questions, que j'avais toujours le choix évidemment mais que d'un point de vue médical, vraiment, s'ils me le proposaient, c'était que ça valait la peine.
Je suis donc retournée dans la salle d'attente - en passant par les toilettes pour pleurer un bon coup, complètement sous le choc - où je me suis mise à réfléchir sérieusement. Je suis très vite passée du "oh non !" au "ben oui!" parce que c'était une évidence que je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour l'avenir. Ma décision, quelque part, était déjà prise. Mais du coup, la peur et les questions affluaient...
À deux mètres de moi (elle me tournait le dos), une jeune femme était assise, elle venait d'arriver. Coiffure à la garçonne typique de l'après-chimio, grandes créoles aux oreilles, jolie robe et une espèce d'aura, comme ça... C'est rare - et c'est heureux, en un sens ! - de rencontrer dans cette salle d'attente quelqu'un de moins de cinquante ans. Et elle, en plus, elle dégageait quelque chose de si positif, de féminin, d'ouvert, que j'ai eu envie d'aller lui parler, lui poser quelques questions. Je n'ai pas osé.
Puis l'oncologue est venu me chercher, on a parlé un bon bout de temps et quand je suis ressortie, il n'y avait presque plus personne dans la salle d'attente. La jolie demoiselle avait disparu. Et je n'y ai pas repensé, car vous imaginez bien, à partir de cette date, j'ai eu plein d'autres choses en tête.
Puis l'autre jour, je cherchais sur Internet des témoignages à propos de la repousse des cheveux et je tombe sur une vidéo faite par une jeune femme dont le visage me dit quelque chose... Je commence à parcourir sa chaîne YouTube et mon intuition se confirme, c'est bien elle, tout correspond !
Je n'ai donc finalement jamais adressé la parole à Suzan, je ne l'ai croisée qu'une seule fois, mais depuis ces derniers jours, j'ai appris à la connaître un peu à travers son vlog (blog en vidéo). Suzan a une personnalité très différente de la mienne, mais on a un point commun : on est super positives. J'adore en particulier son sens de l'autodérision qui me fait souvent éclater de rire face à mon écran (elle me fait penser à mon amie Maggy qui est très drôle aussi).
C'était un hasard incroyable de retomber sur elle via la Toile. À la base, sa chaîne YouTube tournant autour du maquillage, de la coiffure et des conseils beauté, je ne serais probablement pas arrivée dessus vu le peu d'intérêt que j'ai pour ces choses-là... C'est le cancer (le sien et le mien) qui a fait se croiser nos routes. Et la joie de vivre, le dynamisme qu'elle partage à tous, encore plus suite à cette aventure, me fait beaucoup de bien... ainsi qu'à des centaines d'autres personnes.
Suzan avant sa chimio (Comment rester positif)
Suzan se fait raser les cheveux (par son mari)
Suzan après sa chimio (Reprendre confiance)

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