L'ennemi intérieur

Copyright Photo : Karl-Heinz Letz

En ce moment, je suis entourée de tellement d'amour, d'affection et de bienveillance que je me rends compte que... il y a une petite voix dans ma tête qui n'est vraiment pas très aimante, elle. C'est mon ennemi intérieur. Il est là, depuis longtemps, et trop souvent je l'écoute sans me rendre compte du tort que ça me fait.

Cette petite voix qui m'adresse des reproches à longueur de journée, qui n'est jamais satisfaite de ce que j'ai fait, qui met des conditions à tout, qui n'admet aucune faiblesse, aucun manquement, aucun report, qui m'oblige à m'excuser à tort et à travers, je ne veux plus l'écouter. Plus facile à dire qu'à faire, mais on apprend tous les jours.

Cet ennemi intérieur est tout à fait comme le crabe, qui fait n'importe quoi, prend de plus en plus de place et finit par vous mettre en péril, sans que vous vous en soyez rendu compte. Il faut le mettre hors d'état de nuire, le plus rapidement possible.

D'où cette crapule intolérante provient-elle ? Je n'ai que très rarement dans ma vie rencontré des personnes toxiques, et quand ce fut le cas, elles n'ont pas eu longtemps une emprise sur moi. En revanche, je crois qu'il y a beaucoup de personnes dans mon entourage qui vivent également avec un petit tyran à l'intérieur du crâne, qui les martyrise. La société fonctionne un peu comme ça.

Les amis, faites taire ce malotru qui n'a rien compris au pouvoir formidable de l'amour, du pardon et de la bienveillance, et qui croit encore que la menace, la culpabilisation et les manipulations, ça marche. Donnez-lui forme - l'image la plus ridicule que vous puissiez trouver - et écrabouillez cette bestiole à chaque fois qu'elle ouvre sa petite gueule.

Sérieusement, on vaut mieux que ça, on mérite de l'amour, de la tendresse, des compliments, du repos, des câlins, de l'empathie. Que l'on soit malade ou bien portant, en couple ou en solo (ou en "c'est compliqué"), faire de son mieux est largement suffisant et avoir peur, être maladroit ou échouer sont des choses normales qui arrivent à tout le monde.

Voilà, c'est un gros chantier en cours parce que cette vermine revient toujours au moindre moment d'inattention, c'est un peu comme les poux - pour les jeunes parents qui connaissent, la métaphore parlera - mais quand même, vous ne trouvez pas ça chouette quand le remède, c'est l'amour et les émotions positives (plutôt qu'un produit toxique au nom plein de x et de z) ?

Allez, prenez soin de vous, je m'en vais faire pareil...

PS : Sixième verre de gin cet après-midi, mais on a décidé de me diminuer la dose (75% au lieu de 100) car les effets secondaires (picotements dans les doigts) sont un peu forts. Et demain, je repars me reposer à l'air de la mer !

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