Tous les âges

Copyright Photo : Herbert Aust

Me revoilà après un bref mais bénéfique séjour à la mer, qu'un petit rhume n'a même pas su gâcher. Entre parenthèses, ce petit rhume explique peut-être ma fatigue inhabituelle de la semaine passée... Toutes mes cellules étaient sans doute sur le pont afin de me défendre contre ce virus.

Aujourd'hui, ça commence à aller mieux, à tous niveaux, je retrouve mon état habituel à Gin + 5, c'est-à-dire que je sens bien que je suis en pleine chimiothérapie, mais moins courbaturée, moins fatiguée qu'à Gin + 2 ou 3.

Je m'en vais donc reprendre mes petites histoires là où j'en étais, en espérant ne pas trop vous avoir manqué - c'est bien rare que je passe 4 jours sans poster un article... En tout cas, moi, ça m'a manqué !

Alors voilà, aujourd'hui je voulais vous parler des personnes âgées...

Quand j'étais petite, et même plus tard, adolescente, je ne me mêlais pas facilement aux enfants de mon âge. Je me sentais en décalage total. J'adorais "les grands", surtout quand ils m'apprenaient plein de choses. Je m'entendais bien avec les amis de mes parents - plutôt qu'avec ceux de mon frère et de ma soeur.

L'entrée dans le monde du travail, que j'appréhendais, a finalement été un soulagement : enfin, je me trouvais entourée de personnes de tous âges - surtout que l'âge de la retraite ne fait que reculer ! - et je me trouvais des affinités avec des collègues qui avaient dix, vingt ou trente ans de plus que moi.

Après il y a eu la chorale, le club de lecture, toutes sortes d'activités qui m'ont permis de rencontrer des gens super, d'âges variés - mais rarement du mien. Parmi mes voisins aussi, il en est plusieurs avec qui j'apprécie de bavarder au détour d'une allée, mais qui décidément, ont parfois plus du double de mes trente-cinq ans.

C'est comme ça ! Ils m'apprécient, je les apprécie - pour tout ce qu'ils ont à m'apprendre, pour leurs belles valeurs, pour leur appréhension du temps qui est un peu différente, parce qu'ils savent ce qui est essentiel.

Attention, il y a bien sûr plein d'exceptions, des jeunes qui m'apprennent beaucoup, qui ont une chouette vision de la vie, et avec qui je m'entends très bien - et puis aussi des vieux qui ne font que râler, mais ceux-là je ne les fréquente pas.

Les personnes âgées que je connais ont du caractère, de l'humour, de l'expérience, de l'esprit critique et/ou sont pleines de jolies attentions. Certains de mes voisins, quand je réglais mon pas sur le leur, me disaient : vas-y, ne nous attends pas, tu marches vite, tu as des choses à faire.

Aujourd'hui mon corps a quatre-vingts ans, faire mes courses à la place (à 200 mètres de chez moi) s'apparente à une expédition, mon coeur m'intime de ralentir. Je fais une pause sur chaque palier (ou je prends l'ascenseur). Mais gentiment, autour de moi, on prend mon rythme, on s'inquiète de me laisser debout trop longtemps, de me fatiguer, de me laisser porter des sacs lourds.

C'est une fameuse leçon de vie d'avoir quatre-vingts ans à trente-cinq ans. J'espère en garder, par la suite, une plus grande empathie pour mes aînés, en plus du goût que j'ai à les fréquenter. Et j'espère aussi, un jour, avoir quatre-vingts ans pour de vrai, parce que j'aime tellement la vie, même avec tous mes petits bobos !

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