Des doigts de fée
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| Copyright Photo : Ilona Ilyés |
Il fait magnifique ce matin, le soleil brille à travers les feuilles encore vertes, le ciel est bleu, parsemé de nuages de coton blanc. Un temps idéal pour rendre hommage à Martine Berlière.
J'avais promis que je le ferais, parce que ça me tient vraiment à coeur. Et ceux qui la connaissent devinent sûrement déjà pourquoi. Pour les autres, je vais vous l'expliquer ici.
Quand j'ai appris que j'avais un cancer et que j'allais donc devoir être soignée, je ne savais pas du tout à qui m'adresser. J'étais là face à ma gynécologue, avec les larmes qui me montaient aux yeux, le cerveau à moitié paralysé par cette annonce - à laquelle je m'attendais, mais quand même... - et il fallait déjà penser à la suite, agir vite, faire quelque chose.
J'ai pensé que ce serait bien d'être soignée à Saint-Luc : ce n'est pas très loin (je ne me doutais pas encore que je devrais m'y rendre si souvent, mais j'imaginais bien que c'était mieux que Bordet, par exemple, pour moi qui ne conduis pas), c'est un hôpital universitaire. Il me semblait qu'ils s'y connaissaient bien dans le traitement des cancers, pour ce que j'en savais, notamment par mon frère qui y est chercheur et qui collabore étroitement avec des radiothérapeutes.
Ma gynécologue a alors activé son réseau en téléphonant à une amie d'études qui travaille à Saint-Luc, lui demandant des recommandations. Deux noms sont sortis, dont celui de Martine Berlière. Contact fut pris ensuite avec le secrétariat du service de gynécologie, et je décrochai un rendez-vous en urgence avec la chef de service en personne : le professeur Berlière.
Quelques jours plus tard, je la rencontrais donc, après une brève entrevue avec une de ses assistantes. Une femme chaleureuse, très calme, qui connaît parfaitement son métier et dont le regard et le sourire m'ont donné confiance pour la suite.
Je l'ai vue deux fois encore, je crois, avant qu'elle m'opère. Après l'intervention, tant que j'étais hospitalisée, elle est passée me voir matin et soir, comme chacune de ses patientes. Cela lui faisait donc de longues journées, ai-je découvert, et elle travaillait même les samedis.
Ma voisine de chambre, également opérée par ses soins, la connaissait par ailleurs : elle avait gardé ses enfants, à une époque - oui, forcément, avec des horaires de travail pareils, il fallait bien... Elle ne tarissait pas d'éloges à son sujet et je dois dire que j'abondais en son sens.
Par la suite, chaque fois que j'ai évoqué son nom, rencontré quelqu'un qu'elle avait opéré, les compliments ont toujours été unanimes, et je me suis rendu compte que dans le milieu, pour ainsi dire, tout le monde la connaît et l'apprécie.
Simplement parce qu'en plus de ses compétences professionnelles, c'est une personne pleine de qualités humaines. Douceur, attention, écoute, mais aussi simplicité, modestie... C'est particulièrement précieux dans ces circonstances, quand la maladie vient toucher votre intimité.
Derrière la malchance que c'est d'avoir un cancer, j'ai aussi eu de la chance pour bien des choses cette année. Avoir pu bénéficier des soins, des compétences et de la gentillesse de Martine Berlière en est une, indéniablement. Et il y a beaucoup d'autres femmes qui lui sont reconnaissantes pour tout ce qu'elle a déjà accompli, sans tambour ni trompette, mais avec coeur et une tranquille conviction.
PS : Je disais que le monde est petit... Un nouveau magasin vient de s'ouvrir tout près de chez moi : YOLO. Je passe régulièrement devant, j'ai vu les transformations... Quand j'ai lu l'enseigne : You Only Live Once, je me suis dit que ça ressemblait à quelqu'un qui avait dû vivre la maladie de près... Aujourd'hui, un message de ma soeur vient me le confirmer : c'est une copine à elle qui a ouvert cette boutique, et elle a effectivement été mordue par un crabe, il y a quelques temps. Tout se rejoint.

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