Feuilles caduques
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| Copyright Photo : S. Hermann & F. Richter |
Depuis la semaine passée, je ressens moins d'effets secondaires et je supporte donc mieux, physiquement, la chimiothérapie. Moins d'essoufflements, de courbatures, d'inconforts ORL... Même ma peau et mes ongles se portent mieux. Ne restent que les picotements aux extrémités, un grand besoin de sommeil, la bouche sèche avec un goût bizarre et des sueurs nocturnes.
C'est très supportable en regard de ce que j'ai pu connaître par moments cet été. Je suis enfin d'accord pour dire que le gin passe mieux que la vodka-grenadine. En gros, depuis qu'on a diminué ma dose à 75 pour-cent, mais je ne sais pas si c'est effectivement dû à ça.
En parallèle à cette amélioration physique, ça devient plus difficile sur le plan psychologique, comme je le décrivais il y a quelques jours. Lassitude, impatience, je suis comme une lionne en cage. J'ai envie de faire des choses qui soient sans lien avec le crabe, les cocktails, ma santé. Des choses pour moi.
Comme je ne suis pas encore en état de reprendre des projets professionnels ou artistiques, j'essaie de me trouver des projets personnels, accessibles, à la mesure de mes forces. J'opère quelques modifications dans ma décoration intérieure, je range mes vêtements d'été et sors ceux d'hiver, je trie mes disques et mes livres. J'en profite aussi pour m'atteler à un autre travail intérieur : calmer mon esprit...
J'observe comment je fonctionne, ce qui m'énerve, ce qui me bloque, ce qui me frustre, mais aussi ce qui m'intéresse, ce qui me satisfait, ce qui me nourrit. En parallèle aux rangements que je fais dans mon chez-moi, je réfléchis aux habitudes à perdre, à remplacer, et à celles qu'il est bon de renforcer.
Ainsi, j'ai l'impression de mettre ce temps de traitement et de convalescence à profit. De guérir plus profondément. Corps et esprit sont intimement liés, j'en suis convaincue. C'est l'occasion de faire le point, de changer, d'écouter ma vraie voix/voie, de démonter les fausses croyances, les mécanismes rouillés, les aprioris insensés.
C'est l'automne, et je me débarrasse de tout ce qui est caduc, comme les arbres.

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