Parole d'évangile
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| Copyright Photo : Manolo Franco |
Hier soir, je suis allée à la messe, chanter avec la chorale. L'évangile du jour (de Saint-Luc, qui décidément ne me quitte pas) comportait une phrase qui, prise au pied de la lettre, pouvait prêter à rire.
Après avoir annoncé de nombreuses choses assez terribles à ses disciples, Jésus leur promet que pour autant, ils ne doivent pas s'inquiéter pour eux-mêmes. Dieu les protège. Et il leur fait cette fabuleuse promesse : Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
L'abbé Mawet, avec beaucoup d'autodérision - pour ceux qui ne le connaissent pas, l'homme est quasi chauve - a commenté cette phrase dans son homélie, en ajoutant que Dieu avait évidemment plus de travail avec certains qu'avec d'autres...
Comme je ne manque pas non plus d'autodérision, j'ai bien ri - n'est-ce pas, Anne-Marie ? Et Philippe Mawet de continuer son explication en précisant qu'il s'agit d'une image, bien évidemment, à comprendre dans le sens où Dieu ne nous abandonnera jamais.
L'être humain n'a pas encore trouvé, pour nous préserver de certaines formes de cancer, une formule qui ne sacrifie pas notre chevelure. Ce n'est pas bien grave. La seule chose que je ne voudrais pas perdre, c'est la foi - ou l'espoir, ou le courage, la force d'y croire et d'avancer, la persévérance dont parlait ce même évangile. Appelez ça comme vous voulez, et mêlez-y Dieu ou pas.
Foi dans la médecine, foi dans la merveilleuse mécanique du corps humain, foi dans mes capacités de guérison. Mais foi aussi dans ce quelque chose qui me dépasse et qui subsiste au-delà de tout - et que par habitude et par commodité, j'appelle Dieu, sans vouloir convaincre ni choquer personne. Foi dans la vie, dans l'amour, dans le merveilleux. Foi et gratitude, foi et paix intérieure.
Il y a, dans le monde, tant de raison de désespérer et d'avoir peur... Mais tellement aussi de raisons d'espérer et d'être heureux, reconnaissant, joyeux, confiant, aimant...
Cela reste à nous de choisir, quoi qu'il arrive. Ce que propose l'évangile (et pas que lui), c'est de ne jamais se laisser manger par la peur. Certes, on ne maîtrise pas toujours ça, la peur est parfois un réflexe, et dans ces cas elle est souvent salutaire, aussi. Mais passé le premier moment de panique ou de désespoir, cela devient une vraie question de choix, d'attitude... et de foi (mais pas spécialement de religion).
À côté de la foi, il y a autre chose qui aide dans la vie, et qui ne doit à nouveau pas nécessairement être religieuse, mais que la religion peut contribuer à créer : c'est la communauté. On pourrait dire que la foi est comme une force intérieure, et que la communauté est une force venue de l'extérieur.
C'est le fait de ne pas être seul, d'être entouré de personnes dont les talents sont complémentaires et qui, toutes ensemble, sont capables de choses qu'aucun ne peut réaliser seul. Qu'il s'agisse d'une équipe médicale, d'une famille, d'une chorale, d'une paroisse...
Ce qui fait la communauté, c'est un but commun et des croyances partagées, c'est persévérer à plusieurs. La communauté nourrit la foi, le courage de chacun. Et que ceux qui admirent ma force, au long de ce voyage sous le Tropique du Cancer, sachent que ce n'est pas "ma" force : elle me vient de cet au-delà plus fort que tout, auquel je crois, et de la communauté dont je fais partie... comme eux.
Ma force me vient de tout ce que, depuis ma naissance, on a pu me dire de positif, d'encourageant, d'inspirant, de beau, des regards, des sourires, des expériences partagées. C'est donc un peu de la vôtre...

Merci pour ton partage ! Chez moi aussi il y a beaucoup de travail ( je parle des cheveux ) ! Comme tu dis, l'important est d'avoir la foi ( que ce soit en Dieu ou quelqu'un ou quelque chose d'autre ). Il faut CROIRE, c'est là l'essentiel ! Dieu n'est ou n'a pas la réponse à tout ! On peut aussi croire en SOI. Pourquoi pas ? L'important est d'avoir confiance en l'avenir. Tout reste à vivre ! Ce qui a été vécu est un tremplin pour l'avenir !
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