2020, année crinière

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Si cette année fut placée - en ce qui me concerne - sous le signe du cancer, en toute (astro)logique, 2020 devrait être l'année du lion... L'année où je retrouve ma crinière !

À l'aube de cette féline et bissextile année, comment allons-nous ? Eh bien, il me semble que nous allons bientôt pouvoir nous pencher sur d'autres sujets que les moeurs reproductives du crabe, la chute des cheveux et la cocktailologie.

Certes, il reste encore huit séances de radiothérapie, suivies de quelques années d'hormonothérapie, des rendez-vous médicaux divers déjà fixés à l'agenda, et la fatigue ainsi que les douleurs articulaires ou musculaires ne se dissipent que lentement, mais...

Mais vous savez que j'aime considérer le verre comme à moitié plein.

Tout doucement, à la maison, je commence à laisser tomber le foulard. Il fait frisquet dehors, mais à l'intérieur, le fin duvet qui me couvre le crâne devient suffisant. Petit à petit, je m'habitue. J'en reparlerai sûrement dans un prochain article.

Côté cils, sourcils et autres poils, la situation est quasiment revenue à la normale. Ils sont encore clairs et courts mais tout est sur la bonne voie et je me sens à nouveau "moi" et moins "malade". Vraiment, l'absence de cils et de sourcils, qu'on ne peut pas masquer, est plus difficile à vivre que l'absence de cheveux : ça change assez fort le visage. Et puis chaque matin, je me réveillais avec des "croûtes" plein les paupières, sans la protection de mes cils. Pas très chouette...

Mes ongles aussi se portent de mieux en mieux, même s'ils ne se sont pas encore complètement rétablis et nécessitent encore des bains désinfectants. Les picotements au bout des doigts, comme prévus, sont toujours présents mais pas incapacitants ; j'ai l'impression qu'ils ont partiellement régressé et que mes auriculaires, par exemple, ont déjà récupéré leur sensibilité.

Je continue à dormir énormément, jusqu'à dix ou onze heures par nuit quand c'est possible. De cette façon, j'arrive à me sentir plutôt en forme et à surmonter les coups de pompe passagers. Restent les douleurs, dans les muscles ou dans les articulations, qui me surprennent de temps à autre et durent un, deux ou trois jours puis disparaissent comme elles sont venues... jusqu'à la fois suivante.

Beaucoup d'améliorations donc, et surtout un très agréable sentiment, pour moi, de retrouver progressivement mon corps tel que je le connaissais. Ça n'y paraît pas, comme ça, mais c'est vraiment quelque chose. Cela étant, il faut redémarrer lentement. L'année se termine et, à quelques jours près, mon traitement aussi, mais la guérison se fait pas du jour au lendemain, et se poursuivra au long de 2020.

Je vous souhaite à tous une nouvelle année très léonine, pleine de plaisirs à en rugir, d'une joie solaire et surtout une excellente santé, et du courage pour chaque fois qu'il en faudra. Gros bisous à tous !

PS : Les lecteurs attentifs du journal En Marche auront vu, dans l'édition bruxelloise, un article signé de mon nom... Mais non, je n'ai pas encore repris le travail ! C'est la republication d'un texte que j'avais écrit il y a déjà un an ou deux... Patience, je reprends si tout va bien en février.

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