Injonctions paradoxales
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| Copyright Photo : Mona El Falaky |
Cela fait de nouveau quelques jours que je n'ai rien écrit sur ce blog... Je suis devenue moins régulière depuis que j'ai commencé la radiothérapie. Je crois que j'ai du mal à me faire à ce rythme quotidien. Souvent, en raison des séances de sport ou d'autres rendez-vous médicaux, je vais même deux fois par jour à Saint-Luc.
Sortir du métro, descendre l'escalier, marcher, monter l'autre escalier, traverser la passerelle, le parking, le hall d'entrée, prendre l'ascenseur jusqu'au -4, puis la même séquence dans l'autre sens : ascenseur - hall - parking - passerelle - escalier - chemin... Je crois bien que je pourrais le faire les yeux fermés...
Et ça tombe bien, parce que je suis souvent fatiguée. Hier, j'ai couru sur quelques mètres pour attraper le bus, et j'ai cru que j'allais tomber dans les pommes. Tantôt, sur le vélo de fitness, mon coeur s'emballait à 150 battements par minute. Et j'ai de nouveau mal partout pour le moment, surtout quand... je ne bouge pas.
Alors je ne sais vraiment plus quoi faire. On me dit de bien me reposer et de faire beaucoup d'exercice. Le jeudi, la dermatologue me prescrit une crème pour mon eczéma à appliquer une à deux fois par jour. Le lundi, le radiothérapeute me dit que je ne peux en mettre que juste après la séance de rayons - je ne peux rien mettre sur ma peau le matin, même si ma séance est à 15h... Et cependant, je suis censée, aussi, l'hydrater un maximum.
Comme d'habitude, j'essaie de bien faire, de tout concilier. J'enfourne dans un sac ma bouteille d'eau, mes affaires de sport, ma crème pour l'eczéma, mon gel d'aloe vera et mes huiles essentielles, un bouquin - je ne vous dis pas ce que ça pèse - et je vais d'un rendez-vous à l'autre. Mais hier, j'ai fini déconcertée, ne sachant plus qui écouter.
Sur papier, ça a l'air facile. Rayons - Exercice - Sieste. En pratique, ça ne l'est pas du tout. Il y a les déplacements, les repas, et des horaires qui vous laissent le choix entre "vite rentrer chez soi manger puis repartir" ou "passer sa vie à Saint-Luc". Sans compter que mon corps se remet à peine d'une chimio et est sujet à des coups de pompe imprévisibles.
Bref, hier soir, j'ai beaucoup pesté intérieurement. Et je n'ai pas encore vraiment trouvé de solution, mais je me suis quand même apaisée. De toute façon, plus que trois semaines à tenir. Et grâce aux jours fériés, elles seront un peu plus calmes. Ce sont surtout la semaine passée et le début de cette semaine-ci qui étaient particulièrement chargées.
J'espère donc trouver le temps d'écrire à nouveau plus souvent des billets... Car pouvoir partager ainsi mes états d'âme les allège, déjà, et me fait relativiser. Cela change aussi mon regard sur mon quotidien : ces derniers jours, malgré tout ça, j'ai observé deux ou trois petites choses autour de moi, en pensant à ce que je pourrais vous en raconter, ici. Promis donc, je reviens bien vite - et de meilleure humeur... La fatigue a tendance à me rendre un peu ronchon, désolée !

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