Un conte de fée

Copyright Photo : Jerzy Gorecki

Les contes de fées se terminent toujours par "et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...". On ne raconte pas la suite, sans doute parce que le bonheur est sans histoire.

Beaucoup de gens me disent : "alors maintenant c'est fini, tu es guérie, retour à la vie normale ?". Eh bien oui, mais non... Ce n'est pas vraiment fini, les médecins ne parlent pas de guérison avant cinq années sans récidive - ils préfèrent donc employer le terme "rémission" en attendant, et la vie normale, si j'y reviens, n'a plus vraiment le même goût que celle d'avant.

Je vous l'avais promis, aujourd'hui je vous explique donc en quoi consiste l'hormonothérapie, qui va durer pour moi jusque fin 2024 si tout se passe comme prévu.

J'ai eu droit aux petits cocktails colorés - un apéro que j'ai trouvé un peu long... - puis à la grillade parfumée aux herbes de Provence... Et maintenant : le dessert ! Et c'est pas du gâteau...

Le cancer que j'ai eu était un cancer hormonodépendant (si j'ai bien retenu, c'est le cas d'environ deux tiers des cancers du sein)*. Ce qui veut dire qu'il proliférait grâce à mes hormones et qu'on peut donc assez efficacement l'enrayer - et l'empêcher de se repointer - en bloquant ma production d'oestrogènes.

J'ai deux médicaments, qui agissent à des niveaux différents : la triptoréline, qui met les ovaires au repos et interrompt ainsi la production d'oestrogènes (une piqûre tous les 28 jours), et le tamoxifène (un cachet chaque jour), qui agit sur les récepteurs d'hormones. C'est une sorte de double sécurité.

Voilà pour le côté médical de la chose...

Sinon, eh bien... c'est donc un traitement au long cours. Ce duo de choc a pour principal effet de me mettre en ménopause. Je n'ai plus mes règles (youpie !) et j'ai les fameuses "bouffées de chaleur" que beaucoup de femmes connaissent à ce moment de leur vie - et aussi certains hommes qui, par exemple à la suite d'un cancer de la prostate, se voient également prescrire une hormonothérapie.

Cela entraîne aussi un risque accru d'ostéoporose - voilà pourquoi je dois passer tout bientôt une ostéodensitométrie... Et puis toutes sortes de désagréments variables, qui vont des douleurs articulaires à la sécheresse des muqueuses en passant par une baisse de libido... comme j'en parlais dans mon article sur le lotus sacré.

Bref, je me sens un peu comme la belle au bois dormant. Mise en pause, en veille, en sursis, attendant le baiser qui, au bout de cette éternité, me permettra de vraiment pouvoir dire : c'est fini, je suis guérie.

Etant née à la Clinique Saint-Michel, ayant fait mes études au Collège Saint-Michel et ayant travaillé plus de dix ans pour la Mutualité Saint-Michel, je pense me trouver sous l'égide d'un ange gardien terrasseur de dragon (à défaut d'un prince charmant qu'un mauvais sort aurait déguisé en crapaud)... qui pourrait, peut-être, me délivrer et faire que l'histoire, fin 2024, aura une belle conclusion ?

L'avenir nous le dira. En attendant, je mange sagement mon dessert en essayant de ne plus trop y penser.

* Attention : je ne suis ni médecin, ni pharmacienne, ni infirmière, et donc tout ce que je vais dire ici est ce que j'ai compris, dans mes mots, mais rien de plus...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Quel toucan !

Le monde est petit

Reconnaître le problème

Aux infirmières...

Courir après le temps

Ma vie (extra)ordinaire

Dernière fois, première fois

Plus une goutte...

Se reposer

Amorcer la descente